Le Bandit, vous y êtes allés 1 fois, 50 fois ou plus ... pour assister à un concert ou à une soirée, pour boire un verre, pour d’autres raisons (avouables ou non, il y a prescription) ...
On vous invite dans cette rubrique à rédiger 1 ligne, 50 lignes ou plus ... pour en faire le récit, pour évoquer quelques anecdotes ...
Pour contacter l’équipe de rédaction : jean_luc.billing@libertysurf.fr
Et son lot de souvenirs, dont certains tellement enfoui que je me demande où ils sont passés depuis si longtemps. Et ils ne demandaient qu'à ressortir, au hasard de visage, de noms, de prénoms, d'événements dont certains sont mentionnés ici et d'autres plus personnels, ont grandement participé à ce j'ai pu devenir et ce que j'ai pu faire après avoir quitté Strasbourg fin 85. Genre super constitutif cette période, entre 78 et 85. Impossible de dissocier les lieux d'un tout. Qui allait du bandit au magasin dont je m'occupais, au Loft, juste à côté, au Silex aussi, bien sûr, avec son étage réservé à notre premier studio radio. Et puis les noms ou visages retrouvés ici. Quasiment tous en mémoire. Parfois très loin. Mais toujours là en fait. Jean-Luc Billing, bien sûr, Christain Schall avec qui j'ai partagé des années Fustéliennes (je l'ai connu avec les cheveux longs), pti Arno qui venait si souvent les lendemains au magasin écouter quelques disques, Didier Poux, Drinks, Patrick Dupé, l'APRA (dont j'ai retrouvé la carte de Membre récemment)...Pfff et puis woaw!) Et puis évidemment les concerts. En vrac..le regard éléctrique et les yeux exorbités de Lee Brillaux, la présence incroyable de Vega, Eicher seul en scène avec ses machines, Mona Soyoc et Spatz totalement possédés, le Gun Club juste à côté, Thunders, en manteau rose, seul au milieu de la rue après son concert, il y en a eu tellement! ...que de soirées passées là bas et pas loin autour. La montée de l'escalier, le Bandit à droite et le Sauna à gauche sur le même palier, était une montée vers des moments ou entre musique et coups à boire, on allait croiser les potes. Et on était fier que ce soient nos potes qui avait réussi à faire exister cet endroit. Je suis sûr que d'autres souvenirs remonteront en lisant ou échangeant avec les uns ou les autres. Je n'ai que peu de documents photos mais j'ai ces deux là, souvenirs d'une soirée avec Kent qui en rupture de Starshoot était venu passer quelques jours chez Francky, du Mur, pour souffler. Et puis il avait donné son premier "concert" post Starshooter rue de Bouxwiller. Il y a avait chanté des trucs de Yéyés accompagné par quelques uns des acteurs locaux de la scène rock. »
Hubert DIYAN :
J’ai encore des pièces médias à verser à cette contribution de la mémoire musicale de ce lieu-culte de notre jeunesse : le concert de Legendary Pink Dots et la perf de Charvolin en video-8mm qui traînent dans ma cave depuis 35 ans (mais il faut espérer que le temps n’a pas détérioré les videos).
Et des photos du concert d’Alan Vega ci-jointes.
Hubert Diyan alias Ubu (ex Dustbeans, Zayus, Tribo 2) ».
Hervé PETIT :
« Le Bandit ? De grands moments de découvertes de groupes qu'on ne pouvait applaudir nulle part ailleurs. Le point de convergence des fêtards, curieux, créateurs de vie à Strasbourg. Un lieu interlope animé par la vivacité des esprits qui s'y côtoyaient ... »
Christophe MEYER (1) :
Laurence BARONDEAU :
« Ma mémoire me joue des tours. Qui étions-nous allé voir au Hall Tivoli en ce début de l'année 1983 ? Les Stranglers ? Ou bien mon subconscient cherche-t-il à enfouir un nom complètement inavouable ? Peu importe finalement...
Dans la foule uniforme qui innonde la rue après le concert - les cheveux mi-longs, le treillis militaire, le jean délavé et les baskets Stan Smith sont encore la norme - je repère une poignée de personnes distribuant des tracts qui se distinguent de ce tout venant vestimentaire. En m'approchant je m'aperçois que je connais l'un d'entre eux. C'est Didier. Il me tend un tract et me recommande vivement de venir faire un tour dans le club rock qu'il vient d'ouvrir avec ses amis en me promettant que je ne le regretterais pas. Moi qui croyais que le peu de vie rock à Strasbourg avait lieu dans une zone restreinte qui part du Wacken, entre le Hall Tivoli et le Hall Rhenus, jusqu'au Palais des Fêtes. Mes amis et moi-même lui promettont de venir.
Le vendredi suivant nous voilà au 22 rue de Bouxwiller devant le Bandit, à l'heure dite, à gravir l'escalier aussi raide que interminable. Quelqu'un nous ouvre la porte sans dire un mot - je comprendrais plus tard pourquoi – nous payons et nous voilà enfin dans le Saint des Saints. Au fond une petite scène, à gauche le bar, à droite, dans un recoin, une petite cabine de DJ, quelques fauteuils. Ce qui me frappe le plus se sont ces gros bidons disposés ça et là dans ce lieu complètement vide.
Car nous sommes seuls ! Dans le doute, l'un de nous sort le tract de sa poche pour vérifier la date et l'heure. C'est bien le bon jour et il est bien 21 heures ! Un peu inquiets nous décidons de nous diriger vers le bar lorsque quatre punks sortent de la pénombre et nous toisent de haut en bas la moue aux lèvres. Il faut dire que l'un de mes amis porte encore les cheveux longs et une barbe. Probablement un reliquat de ses années passées à écouter du krautrock ! Je connais l'un de ces punks qui fait mine de rien et je me dis que cela sera suffisant pour éviter une rixe éventuelle (ou une coupe de douille express). Pour nous donner de la prestance nous commandons une bière et attendons patiemment.
Après quelques verres l'endroit s'est peu à peu rempli et le groupe monte sur scène. Nous ne les connaissons pas - ce qui sera finalement assez souvent le cas en allant au Bandit. Ils viennent de Mulhouse et s'appellent Russian Roulette. D'emblée je sais que ça va me plaire. Un batteur, une bassiste et deux guitaristes au look sans équivoque. Entre Johnny Thunders et Stiv Bators. La couleur est donnée ! Durant l'intro le chanteur bondit sur scène et... comment dire... le contraste avec le reste de la bande est saisissant. Perfecto, tartan et iroquois énorme. J'ai l'impression de voir les Heartbreakers avec un membre de Exploited qui s'est égaré là et qui en profite pour squatter le micro en jubilant ! Le concert se termine avec une reprise de "Gloria" pendant laquelle le chanteur déverse sur les pogoteurs le contenu de boîtes de lait en poudre... Gloria.
Nous voilà conquis. Ou convertis. A partir de ce moment je vais vraiment avoir du mal à assister à un concert dans une salle de plus grande capacité. Le prochain au même endroit ? Les Désaxés. Et nous savons maintenant qu'il ne faut pas tenir compte des horaires annoncés ! »
« A la séparation de Starshooter, Kent était venu séjourner quelques jours chez Francky, le chanteur du Mur, qui était roadie de Starshooter et copain avec lui.
Kent était joyeux, et avait traversé la salle au sprint en plein milieu du show.
Une de celles dont je parle souvent, c’est celle du chanteur de Dr Feelgood, Lee Brillaux juste devant moi, à gauche de la scène pendant une partie solo du guitariste, les yeux fiévreux d’intensité, exorbités presque, ruisselant de sueur. Toute l’intensité du bonhomme ! »
« 1983 ? 30 ans... la mémoire ne remonte pas si loin ! C'est ma première réaction. Et pourtant, je sens que ça s'agite, pousse et rue tout au fond du grenier, quelque part entre le cortex préfrontal et l'hippocampe se forment des images de Peugeot 504, de Simca 1100, et la tête de Pierre Mauroy à la télé, ça y est, ça commence à circuler dans les réseaux neuronaux...
Nous y accédions par un parcours en ville qui valait le détour et semblait être un long seuil urbain du mythique escalier qui menait à la salle et au sauna qui la jouxtait.
À 15 ans, c’était même un paradis réel, chaleureux et un peu dangereux, secret et accessible, qui incarnait l’idée qu’une ville que j’habite pouvait faire naître un tel lieu, directement issu des disques qui dessinaient notre paysage de vie autant que les rues dans lesquelles nous nous abordions parfois pour engager la conversation sur la foi d’un badge ou d’une pochette tenue sous le bras.
Le principal décor de ce Bandit c’était les personnes.
Je leur dois tant - une par une et toutes réunies : elles étaient belles pour 3 francs six sous, inspirantes y compris dans leurs exigences magnifiquement déraisonnables et parfois bornées, elles étaient accueillantes jusqu’à l’engueulade passionnée, souvent lettrée, parfois drolatiquement corrosive.
Et nous en avions le temps, de nous engueuler ! Le concert de 21h ne commençait jamais avant 23h et ouvrait la nuit plus qu’il ne concluait la journée. J’arrivais à l’heure, achetait le ticket nº05 ou n°09 et ne partait qu’après avoir essoré toutes les conversations possibles avec les musiciens qui sortaient de la loge (ahem) le plus vite possible après le concert.
Lorsque je suis monté sur la scène du Bandit pour la première fois, j’ai franchi une marche extraordinaire de ma vie : je montais en même temps sur celle de tous les Roxy et CBGB du monde certes mais surtout j’accédais à quelques mètres carrés sur lesquels se jouait avec passion et électricité quelque chose qui fabriquait le Strasbourg que j’avais rencontré et qui, plutôt que de fantasmer confortablement, avait décidé de regarder dans les yeux Londres, Manchester, New York et toutes les villes de vinyle anthracite.
Je ne suis pas nostalgique de ce Bandit constitué de quelques planches, de 220 volts fragiles, d’une poignée de personnes et de beaucoup de style et de panache : il était là pour ne pas rester et pour nous offrir un lieu pour habiter l’instant ; nous le savions même si nous refusions d’envisager un quelconque horizon autre que le jour même et l’absolu.
Et puis des tas d’autres choses jouent chaque jour le même rôle pour des tas d’autres personnes magnifiques et inspirantes et des tas de 15 ans à inspirer.
Je suis par contre à jamais profondément reconnaissant que ce Bandit ait existé et m’ait accueilli en me donnant tant ; alors je profite de ce petit message pour saluer celles et ceux qui savent lire ce qui se joue éternellement entre ces lignes comme aucun documentaire ni thèse ou colloque ou encore publication raffinée ne saura le faire.»
Stéphane OLLIVIER :
« Concert Les Coronados (il y en a eu plusieurs) où la copine du bassiste avait la curieuse habitude de faire connaissance en plein "pogo" avec une partie de la gente masculine du public, en lui faisant une palpation assez marquée, d'une partie, disons très masculine là aussi, de son anatomie ! J'en ai fait les frais à plusieurs reprises : très curieux, très surprenant ! »
Francis LEIBENGUTH (4) :
« Un autre souvenir, le concert des Wild Swans. Déjà au départ le public n'était pas chaud-chaud, mais en plus le retour chant était à la hauteur de la tête du chanteur. Résultat : dès qu'il se mettait à chanter, ça "larsenait" à mort, ce qui fait que le volume du chant a été tellement diminué qu'on ne l'entendait pratiquement plus. Au bout d'un moment, tous les spectateurs ont rejoint le bar (sauf un qui pogotait sur n'importe quoi), et au bout d'une 1/2 heure de concert, les musiciens ont posé leurs instruments et sont sortis de scène. Dur, dur ...»
Ziane GRINI :
« Ah le Bandit! J'y ai fait pas mal de mes premières sorties à Strasbourg à partir de 1983. Je ne me souviens pas de tout ce que j'y ai vu ou deviné à travers la fumée et mon aura éthylique... ah si, dans le genre inavouable: les débuts de Raft avant leur tube "planétaire". »
« Putain le bandit, rien que le nom je tripais déjà ! Et pourtant je suis parisienne et j’avais déjà fréquenté des tas d’endroits ! Mais ce lieu sombre, à la fois mystérieux et spacieux, bruyant, alternatif, tous âges confondus nous a fait vivre des soirées mémorables, en 1986 notamment, presque à la fin, le Deeps Gang, les performances, les soirées RBS organisées par Nicolas Gamelin ... et hommage à Didier Poux, star locale ... En fait le Bandit, c'était mon Bus Palladium strasbourgeois ... très, très grosse nostalgie! »
« Un des souvenirs les plus rigolos avec Candidate, c'est un concert en 1986 à Strasbourg au Bandit. Sur un set de 15 titres, on n'a réussi à jouer qu'un seul morceau en entier, le reste s'est transformé en hystérie générale : Toutes les filles devant Bidou et tous les garçons devant moi à hurler. Moi qui étais très traqueuse sur scène, je n'avais jamais autant ri que pendant ce concert. Tout partait en vrille et plus on pataugeait, plus on était plié en 4. Inoubliable! On a fini au petit matin avec nos potes et nos fans à faire la route des vins en Alsace... Boire et conduire, ça se faisait encore à l'époque ! »
Jeune Colmarien à 18 ans un jeudi de septembre 1985 vers 17h45 je débarque à Strasbourg censé y poursuivre mes études en Arts plastiques à la FAC… Mouais…
Certes, mais avant toutes choses après mon inscription rapide à la fac et la recherche d’un toit trouvé route du Polygone, affamé et assoiffé de rencontres, j’essaime les troquets et bouis-bouis strasbourgeois ou je fais la connaissance de quelques Zoulous de ma trempe avec qui bientôt je sympathise.
Il me faut un peu de temps, car le Colmarien est franchement déjanté et encore un tantinet agressif envers les barbares « béxers » Strasbourgeois.
Je découvre la faune Bas-Rhinoise et la vie nocturne de la capitale de basse Alsace et vu mon caractère trempé à et au blanc, les confrontations sont régulièrement teigneuses. Mais la sélection est rapide et ceux que j’ai rencontrés et avec lesquels j’ai eu plus que des mots et parfois des maux à l’époque, sont encore mes amis aujourd’hui…
Grâce à ces premiers piliers, je fais alors loin des chemins de la faculté, rapidement la connaissance de quelques fumeurs de bières, membres d’une troupe d’artistes-comédiens, saltimbanques-rêveurs sans compte et sans le sou, comme d’autres défoncés tous membres du collectif, « Trans Neuron Express » ! De loin souvent, car planant dans mes sphères peinturluresques et rarement de près, je me joins pourtant de temps en temps au groupe avec lequel j’arrive en fin de compte après plusieurs tentatives à communiquer, pour assister à des réunions artistico-culturelles…
Jusqu’au jour où un déjanté futur polytoxicomane notoire, le fameux Stuka de l’époque avec sa merde de Honda genre pseudo-sportive, membre actif et nerveux avec ses potes d’une association sise rue du Vieux Marché aux Vins me propose d’imaginer une intervention pour une soirée concert, intitulée « the Night » avec en tête d’affiche le groupe OTO !
Sitôt dit, sitôt trouvée, mais vu que cette idée supposait un minimum d’organisation et quelques deniers pour sa réalisation, j’en parle au collectif « Trans Neuron Express » dirigé par un certain Georges Lafflote qui n’en buvait pas et propose mon option de peinturlurage collectif et rigolo : Tous à poil on se court après et on se tartine de peinture au rythme de la musique !! L’idée plait, mais certaines minettes de la troupe un tantinet pudiques suggéreront l’utilisation d’artefacts en plastiques pour masquer les zizis qu’ils avaient plus petits que le mien…!
Ceci permettra la confection de costumes que nous présentons avec le concept aux responsables du Bandit. L’intervention est appréciée et acceptée illico !
Résultat, le soir du concert, après OTO, pour continuer cette soirée festive on s’est tous jeté sur la piste pour se peinturlurer et s’éclater comme des fous sur la musique des Résidents, devant un public ravi et stupéfié, qui n’en a pas perdu une goutte !
Le journaliste du coin a parlé dans son article de « prérégrinations » avec une faute d’orthographe, mais il voulait certainement parler de premières « pérégrinations aventureuses et frénétiques de sept intervenants d’un collectif expérimental Strasbourgeois, qui vêtus de combinaisons plastiques ont revisité l’univers avant-gardiste de San Francisco en s’appliquant à une performance picturale dynamique » ! Wouah !
À croire que le scribouillard avait déjà visité San Francisco, au moins dans ses rêves.
Je me souviens de certains qui ont participé à ce happening via l’article et les photos que je t’ai envoyé JL, mais depuis on s’est perdu de vue.
Au fait : Étienne, Jacques, Françoise et les autres aussi évidemment… si vous vous reconnaissez dans cette aventure, faites un coucou ! »
NDLR : les photos de la performance évoquée par Romain sont ici :
http://lebandit.blogspot.fr/2011/08/soirees-night-simple-detour.html
Pierre Louis AOUSTON :
Jeannette GREGORI :
« Le Bandit des années 85 et 86, ce sont quelques flashes qui me reviennent. Des réminiscences visuelles comme l’attroupement de jeunes gens avec des coiffures d’Iroquois bien sculptées, des perfectos noirs, le A d’anarchie qui apparaissait au dos des vestes de treillis, les cheveux décolorés des filles, leur maquillage outrancier… Les groupes comme Jazz Butcher ou Kat Onoma étaient si proches de la scène qu’on avait l’impression de partager avec eux un vrai moment d’intimité. Les filles s’éloignaient discrètement lorsque les pogos commençaient et allaient prendre un verre. Pendant une semaine au moins la qualité de la prestation scénique des musiciens allait alimenter nos conversations… Le Bandit, c’était aussi les amis qu’on retrouvait le temps d’un concert, ceux de la fac, ceux du lycée qui avaient fait le voyage depuis Metz ou Nancy. Enfin, le Bandit, c’était un formidable dérivatif dans une vie étudiante ponctuée de l’angoisse des partiels, des déjeuners régulièrement composés d’un sandwich jambon-beurre et d’un petit boulot pendant les congés scolaires comme agent de tri dans la librairie du coin… »
Eric HILD :
« Je rentre de la Région Nord à l'été 84. Région si propice à la musique, aux fêtes. La Belgique ouvre ses boîtes à Minuit et ferme avec le dernier client. Je reviens hanter mon Strasbourg natal, cette ville de ploucs, persuadé de tout connaître.........Une courte réintégration à la vie nocturne, et en janvier 85, la déflagration : ce Bandit dont on m'avait chauffé le cuir réouvre ses portes.......... Un endroit qui autorise tout. La liberté comme mot d'ordre. Toutes les expériences artistiques sont permises. En y pensant, c'est une odeur, un son, une clope, un verre, une peinture, des potes, qui apparaissent dans un brouillard teinté de découvertes incessantes. Une certaine idée de la vie, optimiste, drôle et finalement assez sage. La fête sans SIDA, chômage, ou autres actuelles épées de Damoclès. Le rire érigé en habitude : je me souviens, ému, de Lisbet et de Carola, et des « guards », dans la folie furieuse du « Deep's Gang». Notre insatiable curiosité trouvait une source : on ne s'est pas gêné pour y plonger. Je retiens du Bandit et de ces deux années (puisque je n'ai pas connu 1983 et 1984) beaucoup plus qu'un endroit où écouter des concerts : un lieu de vie, tout simplement, dans lequel une jeunesse s'épanouissait à voir et écouter des talents, certes, mais surtout en se côtoyant, en s'interpellant, en riant. Là-bas, vivaient « the young men », fous de musiques différentes, avec la notion de partage. Ils ont vieilli, oui, mais ils n'oublient pas...... »
« Une petite annecdote, qui s'est passée vers la fin du Bandit .... Les portiers n'étaient plus là tous les jours, et lors d'une soirée "psychédélique" on nous avait demandé à mon ami Bernard et à moi si nous voulions bien nous occuper de la porte. Aussitôt demandé, aussitôt fait. Nous voila dans le rôle de portiers, avec un saladier de cocktail de la soirée ... vert fluo si je me souviens bien, et très peu de clients. L'invitation était zébrée, et il en fallait une pour entrer. Un groupe de personnes s'approche, une jolie fille en premier, mais pas d'invitation ... Et mon ami Bernard en plaisantant qui dit "pas d'invitation et pas de minijupe .... Vous n'allez pas pouvoir rentrer". Le cocktail fluo aidant, nous venions de refuser l'entrée à Niagara (que nous n'avions évidemment pas reconnu), en concert à Strasbourg, et qui étaient les invités d'honneur de la soirée. Heureusement pour nous, le président de l'APRA (Cyril PRIEUR de mémoire) faisait partie du groupe, et nous a vite rappelé qui nous avions devant nous. »
Marie-Pascale ENGELMANN :
« Il était une fois une scène mythique légendaire époustouflante. Gravée à jamais dans nos mémoires d'adulescents des années 80. On a parlé des musiciens, on a parlé de la prog. ... On a juste oublié de parler des groupies. Des fans. Des filles. Toujours prêtes à arracher le tee-shirt de Lorenzi, la casquette de Poux ou d'espérer toucher la gratte au Christian ... La bienséance me demande de me taire. Cette marée féminine là au premier rang, dans une débauche de Pento, de perfecto et de piquants capillaires ... »
« Je me souviens de concerts qui m’ont marqué : Stéphan Eicher juste au sortir de Grauzone, il était seul à la guitare avec un rack de clavier à sa droite et une reprise hilarante de « Born in the USA » ré-intitulée « Born in Switzerland » and I’ve got nothing to do with the USA.
Autre souvenir de 84 et claque avec JAD WIO de Kbye et Bortek
Et puis TC MATIC qui m’ont fait aimé ARNO pour toujours.
Passion Fodder et le charisme de Théo Hakkola. »
A suivre ...



1 commentaire:
Des soirées inoubliables dans ce lieu magique avec Stéphane Eicher kas product the inmates
Et plein d'autres
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